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Il est venu le temps des vendanges

Publié le

Le top départ est lancé ! Les vendanges, période de récolte du raisin pour la production du vin, a démarré pour certains exploitants de Nouvelle-Aquitaine. Ce travail millénaire valide l’arrivée à maturation du fruit, de son arôme mais aussi du rapport sucre-acidité. C’est la première étape qui va déclencher le passage du raisin en grappes à la bouteille !

Les vendanges : à chacun sa méthode

La date de début des vendanges est propre à chaque exploitation : traditionnellement, le ban des vendanges marquait le début de la récolte, de fin août à début octobre. Aujourd’hui, chaque vigneron choisit lui-même la date optimale de récolte, en fonction des caractéristiques de son vignoble. D’une durée de 8 à 15 jours, elles varient en fonction de la surface de l’exploitation, des conditions climatiques et de la technique utilisée.

À la main ou à la machine, à chacun sa technique ! La première solution est souvent opérée pour les vins de qualité supérieure car elle est plus précise mais plus lente, là où les machines permettent de travailler rapidement. Cependant, l’étape du tri doit être consciencieuse dans le cas de vendanges mécaniques.

« Faire des vins de garde, tout le monde ne sait pas le faire ! »

2018 s’annonce comme un cru prometteur pour les vignerons, entre les intempéries du printemps et le soleil estival. En cette période, quoi de mieux que d’offrir la parole à ceux qui sont rompus à l’exercice ? 3 vignerons de Nouvelle-Aquitaine aux profils spécifiques mais liés par la même passion : celle de mettre le raisin en bouteille.

 

Crédit : J.BuchholtzCaroline Decoster, chargée de communication du Château Fleur Cardinale 
https://fleurcardinale.com/

            Qu’est-ce qui fait la spécificité de Fleur Cardinale ?

Chez Fleur Cardinale, nous sommes sur un Saint-Émilion Grand Cru Classé. Notre exploitation se situe sur un terroir froid, dit tardif. C’est pour cette raison que nous sommes dans les dernières appellations Saint-Émilion à vendanger : pour nous, ça se passe en octobre, soit un peu plus tard que la moyenne.

            Dans le verre, quel est le rendu ?

Le sol argilo-calcaire a la particularité d’être naturellement acide, ce qui délivre une complexité aromatique à notre vin et des nuances florales dans le verre. Notre plante ne souffre pas de la sécheresse et délivre un vin au fruité intense et plein.

            Vous adoptez un ton intime, parfois humoristique, dans votre communication, qu’est-ce que ça change dans votre manière d’aborder votre métier de vigneron ?

Le but de cette communication est finalement de montrer qu’on peut travailler sérieusement sans se prendre au sérieux ! Nous travaillons consciencieusement, nous faisons très attention à la sélection de nos raisins, on dispose d’ailleurs de 3 étapes de tri pour retenir les baies les plus mûres qui participeront à faire un bon vin. Après, il ne faut pas oublier que le vin est un produit qui se partage, convivial alors nous essayons aussi de véhiculer cette image décomplexée mais appliquée !

 

Sylvie Milhard, propriétaire du domaine viticole Château Vieux Mougnac
https://www.vieuxmougnac.com/

            Le retour à un savoir-faire ancestral émane de quelle volonté ?

Le Château Vieux Mougnac, c’est d’abord un héritage de plus de 80 ans ! Nous sommes sur des vieilles vignes, certifiées bio : on laboure, on effeuille et ramasse à la main, on trie, on ne met pas de désherbant… Cela donne un raisin sain et naturel. Notre choix de labourer à l’aide d’un cheval vient du fait que les machines abîment les vignes. Aussi, il faut s’adapter à un climat régional changeant, avec beaucoup de pluie, ce qui facilite l’utilisation du cheval au détriment des machines.

            Comment parvenez-vous à concilier votre ancrage au passé avec les enjeux modernes ?

Notre patrimoine et notre savoir-faire se transmet de génération en génération. Pour autant, nous ne sommes pas fermés à la nouveauté : on est dans une phase de mutation au niveau de la culture. Certaines machines sont une véritable aide pour l’exploitation ! L’effeuillage à la machine est très performant par exemple ou le maintien du vin à température optimale avec les groupes de froid ! Je ne suis pas contre ce qui peut remplacer la main d’œuvre et ainsi réduire les coûts de production. En revanche, tout ce qui est pesticide, c’est non ! Il faut continuer à faire du vin avec du raisin, respecter des protocoles précis pour faire un vin de qualité, qui ait du goût !

            Comment définiriez-vous l’identité du Château Vieux Mougnac ?

Nous sommes sur une petite exploitation, de manière à être plus réactif et ainsi mieux maîtriser notre produit. Le Château Vieux Mougnac, c’est revenir aux choses qui sont maîtrisées. Pour nous démarquer, nous souhaitons conserver cette authenticité qui confère une véritable force à notre terroir : on ne fait pas de vins technologiques comme en Australie ! Faire des vins de garde, tout le monde ne sait pas le faire !

 

Coteaux de la Vézère, Vignerons de Corrèze
https://www.coteaux-vezere.fr/

            Comment se traduit la conciliation entre l’apprentissage du passé et la touche de modernité dans les vins de la Vézère ?

Notre passé vient du fait que l’on s’est servi de notre terroir dans le choix des parcelles. On revient là où tout a commencé. On a tout replanté, le chais est récent, on est reparti de zéro. On travaille simplement, avec du matériel simple, en respectant ce terroir et ce qu’il a à nous offrir.

            Réapprendre les techniques, est-ce une manière de légitimer votre vignoble ?

Complètement ! Surtout par rapport à notre territoire, la Corrèze : il fallait être capable de se justifier vis-à-vis du territoire bordelais, justifier de toute recommencer et de refaire de la vigne. On le doit à notre héritage passé sur lequel nous nous sommes appuyés.

            Vous travaillez à la main à certaines étapes du processus de production, pour quelle(s) raison(s) ?

Principalement parce que notre territoire ne nous le permet pas : nos parcelles sont pentues donc ça n’est pas mécanisable alors on s’est adapté.

            Vous semblez particulièrement attaché à votre territoire dont vous respectez l’héritage avec fierté : à quoi ça ressemble un vin qui « a la gueule de l’endroit et les tripes de l’homme » ? À quoi on peut s’attendre au moment de la dégustation ?

Ça veut dire qu’on fait ressortir l’expression du territoire dans le verre ! Notre vin porte la marque de la feuille ardoisière qui est le symbole de nos sols.

 

Vous voilà désormais fin prêts pour cet événement ! 3, 2, 1… VENDANGEZ !

 

Merci aux chateaux Vieux Mougnac, Fleur Cardinale et Coteaux de la Vézère qui ont accepté de répondre à nos questions ! 
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Crédits photos :
@J. Buchholtz 
@ Agence de l'Alimentation de Nouvelle Aquitaine