On parle beaucoup de gaspillage alimentaire. On culpabilise, on se promet de faire mieux, on doute devant le frigo. Mais si on jetait autant… pas pour les raisons qu’on croit ?
Un chiffre qui change le regard
Chaque année en France, selon le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, 9,4 millions de tonnes de déchets alimentaires sont produites. Parmi elles, environ 4 millions de tonnes concernent des aliments encore consommables.
Ce chiffre met en lumière un point essentiel : le gaspillage alimentaire n’est pas seulement lié aux comportements individuels. Il est aussi, et surtout, lié à une mauvaise compréhension des informations, notamment des dates alimentaires.

Les dates sur les emballages : un point de confusion majeur
Sur les produits alimentaires, on trouve presque toujours une date. Pour beaucoup de consommateurs, une date dépassée déclenche un réflexe immédiat : jeter. Par précaution. Par peur de mal faire.
Le problème, c’est que toutes les dates sur les emballages n’ont pas la même signification.
Pour mieux comprendre l’ensemble des informations présentes sur les emballages, vous pouvez aussi consulter notre article « 5 astuces pour décrypter les étiquettes alimentaires », qui aide à y voir plus clair au moment de faire ses choix.
DDM et DLC : deux dates, deux rôles différents
Sur les emballages, on retrouve principalement deux mentions :
« À consommer jusqu’au… »
Cette mention correspond à une Date Limite de Consommation (DLC). Elle concerne des produits frais et sensibles, pour lesquels la date est liée à la sécurité alimentaire.
« À consommer de préférence avant… »
Cette mention correspond à une Date de Durabilité Minimale (DDM). Elle indique une qualité optimale dans le temps, et non un danger automatique.
Visuellement, ces deux phrases se ressemblent. Dans la pratique, elles sont souvent confondues. Cette confusion contribue directement au gaspillage alimentaire.

Tous les produits ne se gèrent pas de la même façon
Un produit sec, frais ou déjà entamé n’implique pas les mêmes usages ni les mêmes réflexes. Appliquer une règle unique à tous les produits conduit souvent à jeter trop tôt.
Ce réflexe est humain : quand l’information n’est pas claire, on préfère éviter le risque.
Mais à grande échelle, cette logique alimente le gaspillage alimentaire.
La loi AGEC et l’importance de l’information contre le gaspillage alimentaire
La lutte contre le gaspillage alimentaire est un objectif national, inscrit dans la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire). Son ambition : réduire de 50 % le gaspillage alimentaire.
Pour y parvenir, l’un des leviers majeurs identifiés est l’information du consommateur.
Mieux comprendre les dates alimentaires, mais aussi mieux organiser ses usages, permet de réduire le gaspillage sans bouleverser ses habitudes.

Organisation et outils du quotidien
Limiter le gaspillage alimentaire ne repose pas uniquement sur les dates. C’est aussi une question d’organisation et d’anticipation :
- mieux ranger le frigo et les placards pour visualiser ce que l’on a
- penser des recettes anti-gaspillage à partir de produits déjà présents
- utiliser des outils du quotidien pour planifier repas et courses (applications de menus, listes de courses, etc.)
Ces solutions n’imposent rien : elles aident à mieux décider et à éviter les oublis.
Le réflexe à retenir
Les dates donnent une information.
Le type de produit et son usage donnent le contexte.
Dates + produit + organisation : un réflexe simple pour réduire le gaspillage alimentaire, sans prise de risque.
Et si le premier pas contre le gaspillage alimentaire, c’était simplement de mieux comprendre ce que l’on a déjà sous les yeux ?