C’est au son de l’accent chantant du Lot-et-Garonne que nous partons à la ferme de Gagnet, pour découvrir deux spécialités du sud-ouest : le canard gras et le Floc de Gascogne. Avec des pruneaux à l’Armagnac en fin de dégustation, le festin sera complet !
Marielle Tadieu, la propriétaire, aime bien les mots-clés. Pour définir son exploitation, elle emploie les termes « patrimoine, qualité, vignes, canards, Gascogne, convivialité, accueil, authenticité, terroir, tradition… » Tout est dit ! Située à Mézin, la ferme s’étend sur 22 hectares, dont 10 hectares de vignes et un élevage de canards.
Commençons par la tradition et le patrimoine. Avant elle, ses grands-parents et ses parents étaient agriculteurs ici. Après elle, son fils Guillaume a déjà prévu de reprendre l’affaire. « Quand je me suis installée en 1993, il y avait bien trop d’activités. Asperges, vaches, vigne, volailles, prunes… j’ai réduit, en me concentrant sur l’élevage de canards et la liqueur. »
Pourquoi a-t-elle choisi de conserver la fabrication du Floc de Gascogne ? « J’avais le savoir-faire et surtout j’étais attachée à ce produit emblématique de notre région. Une recette ancienne qui se transmet de vignerons en vignerons. J’avais donc à cœur de poursuivre cette activité. Il y avait également un enjeu économique pour notre exploitation, car le Floc de Gascogne assurait, et assure toujours, une part importante du chiffre. »
Récolte de médailles
Ce recentrage porte ses fruits. La production gagne en qualité. À partir des années 2000, le Floc de Gascogne de la ferme, rouge ou blanc, devient multirécompensé (Médaille d’Or au Concours Général Agricole et Prix d’Excellence plusieurs années de suite) ; les clients se pressent à la ferme pour acheter sur place. L’été, Marielle embauche des équipes de jeunes pour sillonner les marchés. Car Marielle produit du Floc de Gascogne, un peu d’Armagnac et cuisine elle-même toutes les spécialités à base de canards : foie gras, confit, rillettes, cous farcis….




En fin d’année, Marielle multiplie les colis gourmands qui partent dans tout l’hexagone, voire au-delà. « Les débuts ont été difficiles, il faut du temps pour se faire connaitre. Les médailles nous ont bien aidés, ainsi que le bouche-à-oreille. Quand je vois les nombreuses commandes qui arrivent pour les fêtes, cela me met la pression mais c’est une bonne pression. J’en aurais rêvé au début. Je n’oublie jamais d’où je viens. »
La saveur sucrée du Floc
Si le Floc de Gascogne est autant apprécié, c’est par sa saveur sucrée, aussi agréable pour composer un cocktail que facile à déguster à l’apéritif. Jeunes et moins jeunes s’y retrouvent. Marielle le recommande aussi pour accompagner agréablement foies gras et melons. A vous de tester pour découvrir les associations avec vos plats préférés ! Au milieu de ses 10 hectares de vignes, Marielle nous détaille la fabrication de cette liqueur.
« Pour respecter le cahier des charges de l’AOC Floc de Gascogne, la première étape est de produire nous-mêmes notre Armagnac. »


« Le distillateur vient chaque année installer son alambic à la ferme pour transformer le vin blanc issu de nos cépages colombard et ugni-blanc, en eau-de-vie. Après un an en cuve, nous mélangeons cet Armagnac avec du jus de raisin frais, récolté en sur-maturité pour qu’il soit bien sucré. Le Floc de Gascogne est le fruit de cet assemblage. »
Les mots-clés de Marielle associés au travail de la vigne ? « Chaud – Froid – Mal au bras – Bronzées – Fatiguées – À l’air pur – Énergie – Remonter les fils » !!!
Les mousquetaires au féminin
Si les adjectifs sont au féminin, il y a une raison, qui fait référence à l’histoire de l’exploitation. 2010 est une année charnière pour Marielle, qui affronte un divorce et la disparition de son père. « J’étais seule, sans salarié. » Déboulent alors dans sa vie deux jeunes femmes, Marion et Caroline. « Nous étions en galère toutes les 3, nous nous sommes réconfortées, épaulées et sorties d’affaire. » Avec l’aide d’un 4e « galérien » qui leur enseigne ses meilleures recettes, l’équipe fait front et les clients restent fidèles.
Ce que je préfère ? Tout !

Les journées de Marielle sont longues et variées. Quand elle n’est pas dans les vignes ou dans le chai, elle est à la conserverie pour transformer les canards. Elle en élève 1500 par an, qui vivent en plein air sur 10 hectares de prés. On la trouve aussi en train d’accueillir les occupants du gîte aménagé sur place, ou à la boutique dédiée à la vente directe. « Nous recevons des groupes, qui apprécient l’esprit fermier et les produits authentiques du sud-ouest. »
Quand on demande à Marielle ce qu’elle préfère dans toutes ces activités, la réponse est sans appel : « tout ! » Elle avoue quand même avoir un faible pour les marchés d’été, « parce que j’aime le contact avec les jeunes », pour la distillation, « qui récompense le résultat du travail de la vigne ». Sans oublier la gestion de la pile de commandes à honorer. Ça, elle adore !