Dans leur ferme Andrevias à Sorges (24), Albin Meynard et sa sœur Fanny perpétuent une tradition familiale ancrée dans la qualité depuis 3 générations. Leurs pratiques d’élevage et de culture répondent parfaitement aux critères de l‘IGP Oie du Sud-Ouest.
Dames oies pâturent tranquillement à l’ombre des grands arbres. Elles circulent à l’air libre sur plus de 10 hectares de plantation de noyers. Les éleveurs les rentrent à l’abri des prédateurs à la tombée du jour. « Les deux activités -noix et oies- sont très complémentaires », souligne Albin. Ici, tout est produit et transformé sur place, avec l’aide de deux salariés. Les noix sont vendues en cerneaux, entières avec leur coque, ou bien envoyées dans un moulin proche pour devenir de la goûteuse huile de noix. Mais ce sont surtout les 2000 oies élevées chaque année qui occupent les deux agriculteurs.

Circuit court et intégré, pour une qualité maximale
Albin et Fanny achètent les bébés oies dans un couvoir de Dordogne. Ils ont 1 jour lorsqu’ils arrivent à Andrevias et vont rester quelques jours bien au chaud à l’intérieur. « Nous les mettons dehors dès que possible, en les nourrissant avec du bon grain issu des 17 hectares de céréales cultivés sur l’exploitation. »
Après 15 à 16 semaines à l’air libre vient le temps du gavage, exclusivement réalisé avec du maïs local non-OGM. Toutes les étapes sont ensuite effectuées sur place : l’abattage, car la ferme est agréée pour cela, mais aussi la plumaison et la transformation en spécialités gastronomiques du Sud-Ouest. Albin nous entraîne dans son laboratoire, parfaitement équipé pour « cuisiner nous-mêmes nos recettes traditionnelles, et pouvoir valoriser toutes les parties de l’oie ».



Le foie gras est conditionné par une entreprise voisine en boites métallique, et non en bocaux, pour une meilleure conservation à l’abri de la lumière. L’avis d’Albin dans le débat oie vs canard ?
« Les foies d’oies sont plus gros que ceux des canards, avec un goût moins fort, mais une saveur qui reste plus longtemps sur le palais. »
Les magrets sont vendus frais, séchés, ou fourrés au foie gras. Ils composent également de délicieux confits, tout comme les cuisses bien charnues. Les manchons, gésiers, cœurs, graisse d’oie sont commercialisés à part. Et comme rien ne se perd, la viande attachée aux os et les aiguillettes deviendront des rillettes ou des grattons, vedettes des apéritifs.
L’IGP Oie du Sud-Ouest
Si la filière s’est engagée dans la reconnaissance d’une typicité géographique, c’est que les méthodes traditionnelles du Sud-Ouest demandent à être protégées, et clairement identifiées auprès du grand public et des professionnels. Le foie gras d’oie du Sud-Ouest représente 40 tonnes chaque année, sur une production nationale de 60 tonnes… alors que, dans le même temps, 225 tonnes sont importées.

22 opérateurs, dont Albin, sont en cours d’habilitation pour obtenir l’IGP Oie du Sud-Ouest, publiée au Journal officiel de l’Union européenne du 11 juin 2026. Entre autres obligations, cette indication Géographique Protégée garantit aux consommateurs des oies bénéficiant de parcours extérieurs végétalisés, une alimentation d’élevage comportant un minimum de 50% de céréales sans OGM ni huile de palme, du maïs exclusivement du Sud-Ouest pour la gavage et des produits cuisinés respectant les recettes traditionnelles. Du sel, du poivre de la graisse d’oie pour les confits, un peu d’alcool ou de truffes dans les foies gras, et c’est tout. Ni additifs, ni arômes ne sont autorisés, pour le plus grand plaisir des gourmets.
« Décrocher cette IGP a été une longue aventure, dans laquelle mon père s’est beaucoup investi » reconnait Albin.
« Nous cochions déjà toutes les cases du cahier des charges, elle ne change donc rien dans nos méthodes d’élevage et de fabrication. En revanche, elle marque la réussite d’une démarche collective et devrait nous permettre de redynamiser cette activité en valorisant la qualité de nos produits. »
Une ferme et plusieurs vies
Avec une boutique de vente directe sur place et un site marchand, des visites découvertes de la ferme pendant l’été, l’accueil de bus et de groupes toute l’année, Albin et sa sœur sont tour à tour éleveurs, cuisiniers, guides touristiques, e-commerçants… Autant dire qu’ils ne connaissent pas de routine, ce qui leur convient fort bien ! Ils sont surtout fiers de perpétuer de belles traditions et un savoir-faire hérité des générations précédentes.
